Les hôpitaux ukrainiens font face à un problème croissant d’infections parmi les soldats blessés, dont beaucoup arrivent avec de graves blessures causées par des explosions et contaminées par de la terre et des débris. Les attaques de drones ont laissé certains patients avec une perte importante de tissus au niveau des jambes et des cuisses, tandis que l’évacuation vers les établissements médicaux peut prendre des jours, des semaines, voire des mois, sous couvert de l’obscurité.

Lorsqu’ils arrivent à l’hôpital, on estime que 30 à 40 % des soldats blessés souffrent d’infections graves. Certaines sont causées par des bactéries résistantes aux antibiotiques, ce qui rend le traitement difficile et augmente le risque de transmission à d’autres patients dans les hôpitaux civils.

Hailie Uren, pharmacologue clinicienne et spécialiste de la médecine de catastrophe travaillant en Ukraine, a estimé que la situation ressemblait à une attaque de guerre biologique. Elle a proposé d’utiliser les protocoles d’urgence déjà en place dans les hôpitaux pour faire face aux menaces biologiques avant que les soldats blessés n’entrent dans les établissements médicaux. La proposition a reçu le soutien des ministères ukrainiens de la Défense et de la Santé, ainsi que du chirurgien général du pays.

L’initiative a commencé en septembre dans une grande tente installée à l’extérieur d’un hôpital du centre de l’Ukraine. Son objectif est de désinfecter les soldats avant leur admission en retirant leurs vêtements et leurs bandages contaminés, en les lavant avec un antiseptique et en leur faisant prendre une douche. Cette approche vise à réduire le risque de propagation de bactéries résistantes aux médicaments à l’intérieur des hôpitaux.

Sources: The New York Times Health.